Sept. 2011: Dur, Dur, le col des Tentes !

Luz – Col des Tentes


Le calendrier annonçait Argelès – Col des Tentes et retour 70 km. Or Alexis, après vérification, annonce 100 km. Finalement on est parti de Luz.
Se laisser le temps d’une bière et d’un pique-nique au retour.
Jusqu’à Gavarnie ça va. Un « faux-plat » selon Raphaël qui monte sur le 50. C’est naturel. Le faux-plat de monsieur est servi.
A partir de Gavarnie, la route de Boucharo devient une « vraie rampe ».
En vue de la station de ski on a croisé des cyclos qui faisaient demi-tour.
«On redescend. On est monté jusqu’à la station. On redescend. Y a un vent terrible. On ne tient pas debout ! »
De quoi douter. Etait-il réaliste de vouloir continuer. N’allions-nous pas être plaqués au sol par la bourrasque, nos vélos s’envolant par-dessus les ravines, puis s’écrasant comme des crêpes mal cuites pêle-mêle dans les rochers parmi les grassouillettes marmottes ? Chacun s’est tâté, et chacun a poursuivi. Il fallait appuyer de plus en plus fort, dans cette soufflerie. Les cuisses devenaient douloureuses. On se rassurait en se disant qu’elles étaient en béton. A chaque coup de pédale, l’une après l’autre il fallait supplier les jambes de bien vouloir faire un tour de plus. Plus haut on a commencé les lacets. Quand on était du bon côté de l’épingle le vent nous portait, on pouvait descendre deux dents sur le pignon, comme si on avait des ailes. Ca redonnait des forces pour attaquer l’autre branche du virage, collé à la route par le souffle. Mais il fallait vaincre. La vitesse du coursier faiblissait, alors il fallait se hisser, debout sur les pédales, les écraser, qu’elles cèdent encore, encore. Pour les cuisses, on faisait le pari qu’elles tiendraient. C’était pas dans nos têtes, d’abandonner.
Et tous les « Rose » du Gai Club de Poey-de-Lescar atteignirent le sommet, dans les contreforts majestueux du Cirque.
La descente fut un prudent cache-cache avec le vent. Des marmottes opulentes et peu farouches trottinaient dans les pelouses entre les pierres, puis on a dévalé à train d’enfer, entre Gavarnie et Luz, enroulant comme des fous sur le 50, les jambes gorgées de poison, tramées de crampes rampantes.
On avait besoin de voir couler de l’eau fraîche. On s’est posé sur la berge du gave, à la hauteur d’Argelès, et on a sorti les glacières. Tout ce que chacun avait apporté s’est étalé dans l’herbe ou nous nous étions assis, Philippe, Ghis, Raphaël, Alexis, Mathieu et moi. Bière, chips, piquillos, tomates, andouille, pâté, saucisson, du bon, du maigre. Des salades, la longe à Moncass, qu’est toujours aussi bonne, des trucs et des trucs, pas besoin de manger ce soir, je me disais.
Et par là-dessus, la luxuriante et irrésistible palette de fromages choisis avec talent par Raphaël, comme toujours.
La montagne, en somme, un dialogue haletant entre souffrance et jouissance !

y.c.

 

Rajoutez Raphaël ( derrière l'objectif ) et vous aurez "les héros du 11 Septembre"...
Rajoutez Raphaël ( derrière l'objectif ) et vous aurez "les héros du 11 Septembre"...

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