Ghis est grande...

Flashback: le 8 Juillet 2007...

Notre vaillant conteur-président ayant quelques difficultés ( povisoires, espèrons-le )   à renouer les fils de sa légendaire inspiration épistolaire, il nous a paru intéressant de vous iniviter à relire quelques unes de ses plus belles pages d'hier dans la Chronique du Temps qui roule...

Photo prise dans l'Aubisque en Août 2010
Photo prise dans l'Aubisque en Août 2010

Sa tête et ses muscles l’ont portée, dans le froid mouillé de l’improbable été, sur les cimes brouillardeuses du Barétous. Elle s’est hissée au sommet d’Issarbe, elle a franchi les cols de La Hourcère, de Lataillade, de Sainte-Gracie, de Suscousse, du Soudet, et aussi, sur la descente, le Pas de Lamayo, le Pas de Guilers et le col de Labays ! Ugh ! Houba !

 Dès la mise en selle, sous l’averse de pessimisme de ses compagnons, elle s’était montrée résolue. Il eut fallu qu’un typhon vrillât son cadre alu, pour la dissuader.
Souriante, sans complexe, elle s’est élancée dans le sillage des bêtes musculeuses du groupe 3, emmenées alternativement par Claude Ag’oa, Guy B., le jeune et aérien Nicolas, Jean B., Philippe M. et Pierrot L., entre Arette et Aramits, et puis d’Aramits à Lanne-en-Barétous, dans une vigoureuse trajectoire tangentielle. Et tout d’un coup Pierrot a tendu le bras gauche et la trajectoire est devenue perpendiculaire à l’obstacle. On a senti que le changement de cap sentait le changement de braquet. Mais un baroudeur du « 3 » ne recule pas. Le baroudeur du « 3 » attaque le faux plat préliminaire, il bouffe le pied de l’ogre, et recrache les osselets, fier et conquérant. Lorsque brutalement se présente la montée d’Issarbe, dans un cliquetis synchrone et consonant les chaînes déraillent vers la gauche. Personne ne s’aviserait de dédaigner le « 30 ». Les costauds s’envolent et les paroles se raréfient, peu à peu dissoutes dans la sueur, de plus en plus intimement mêlée à l’obsédant crachin. J’ignore ce qui se passe alors à l’intérieur de Ghis. Peut-être que sa montagne à elle n’est pas un ogre, peut-être y voit-elle la source qui irrigue son esprit, nourrissant sa volonté de s’élever au dessus des vallées quotidiennes. Tout ce qui compose son être est converti en un tour de roue supplémentaire. Elle est presque étonnée, tandis que chaque virage dévoile une nouvelle longueur de pente, de découvrir en elle la force.
A mesure qu’augmente l’altitude, et que s’ouvre le champ du paysage, son bien-être cristallise. Mais quel paysage ? Les vues splendides du balcon d’Issarbe sont liquéfiées dans l’épais nuage froid qui noie le massif entier.
Pourtant son visage ruisselant rayonne de sérénité, car le paysage splendide est à l’intérieur de Ghis…

 Yves Coupel. 

 

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