Energie cinétique, cierges et crampes

Nous étions au départ. De la pluie était annoncée pour dix heures mais quelque chose d’irrationnel fait que l’on enfourche son vélo avec au visage les traits de ceux qui ont le désir de pédaler en compagnie sans se soucier des présages, jugeant que ce qui est incertain appartient au futur, et trouvant au présent suffisamment de qualités pour vouloir le vivre tel quel.
Passé les rocades, tout rappelle que notre splendide région n’est que pentes, et que les destinations que l’on atteint sans douleur ne sont pas de ce monde-là, même en empruntant la vallée dite « heureuse ».
J’évoluais sur la crête entre Bosdarros et Rébénacq comme un pinson, gai dans les descentes, essoufflé dans les montées. Cette alternance rendait supportable ce qui aurait été un aperçu de l’enfer s’il avait fallu enchaîner bout à bout les seules montées sans le répit des dégringolades. Jusqu’au moment où, alors que j’allais profiter de l’énergie cinétique acquise doigts dans le nez, casque au vent et mollets mous, je fus stoppé dans mon erre par deux compères intégristes de l’effort pur, convaincus de ne pouvoir atteindre le ciel qu’en excluant tout artifice de nature à assister leur ascension, refusant ainsi de profiter de l’élan offert par la gravité ! Après avoir évité de percuter leurs vénérables arrières je fus contraint de mettre pied à terre et de terminer à pied la côte jusqu’à un replat qui me permettrait de me remettre en selle. Je n’éprouvais évidemment rien à leur égard qui eût pu outrager leur vertueuse pratique, tant il appartient à chacun d’assurer la maîtrise de sa monture.
On en vint à bout, après une abondante série de sévères pourcentages qui avaient souterrainement miné les muscles d’un Charly dont le courage et la dignité furent certainement d’un plus grand secours que les élans gratuits.
On se reposa à Rébénacq, puis il fallut remonter jusqu’à la Croix de Buzy avant d’entamer le retour par le toboggan du chemin Lamanet.
Une fois épuisé le bénéfice de la descente, l’opiniâtre persévérance qui avait permis à Charly de venir à bout des montagnes russes se métamorphosa en crampes scélérates qui sur le chemin du retour faisaient de chaque bosse, de chaque faux-plat un calvaire.
A cela s’ajoutait la pluie promise, froide et cinglante, que les cierges brûlés par nos soins en cours de route n’avaient pu retarder suffisamment pour que l’on rentrât sec au port.
C’est alors que se produisit le retour du président, qui veillait de loin sur la marche du groupe. Et Charly sut ce qu’était la pratique du vélo avec assistance raphaëlienne. Rapha posa sa main dans son dos, appuya sur les pédales avec toute la vigueur de l’acier qui trempe ses cuisses redoutables, et Charly fut propulsé à une vitesse telle que nous qui l’avions accompagné dans son martyre fûmes largués et obligés de mouliner furieusement pendant de longs hectomètres avant de pouvoir les rejoindre à l’entrée de Laroin.
C’est sur ce nuage volant que notre ami douloureux fut déposé quasiment sur le pas de sa porte.

 

Yves Coupel


Ce matin malgré un ciel clément et dégagé, nous n'étions qu'une dizaine au départ de la Halle, les prévisions météorologiques pessimistes ont certainement démotivé certains d'entre nous qui ont préféré rester sous la couette !
Dommage, car nous avons effectué une très belle sortie qui nous a conduit à Bosdarros où nous avons emprunté le chemin des crêtes,avec quelques bosses, qui nous ont permis d'optimiser notre préparation physique , et  la récompense était le panorama qui s'étalait devant nos yeux ! .
Puis ce fut la pause goûter à Rebenacq ( Photos) et nous avons poursuivi notre périple par la croix de Buzy,  le chemin Lamanet  et  La Hies .
Encore une belle sortie  conviviale à notre actif, même si elle s'est terminée sous le brumisateur et vivement la prochaine, n'est ce pas Charly ?

Raphaël


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