8 mars 2015

Ouverture départementale tambour battant

Nombreux furent ceux du CCPL à prendre la route vers Sainte-Suzanne, laissant derrière eux à grand train les grelottantes grisailles hivernales que le soleil avait muées en souvenirs déjà relégués à l’arrière des mémoires.
En forme précoce, les routiers de Poey. Une mouche les piqua-t-elle ? Ou bien piqua-t-elle l’un d’entre eux, les autres se ralliant à son panache débridé, à l’image du vol circonflexe des premières grues se ruant vers le nord libéré des glaces ? Dans les bosses de Lagor une euphorie pré-printanière soudait à leurs pieds des ailes délirantes. Chaque coup de pédale arrachait à la route des nuées de goudron vaporisé. A leur passage le déplacement d’air affolait les palmiers, enrhumant les bourgeons de leurs collègues feuillus stupéfaits.  
On arriva à destination, les cheveux ébouriffés jaillissant par les trous du casque. On posa les bicyclettes fumantes contre les barrières, histoire de laisser refroidir les engrenages chauffés au rouge, les chaînes dilatées pendantes comme des langues déshydratées. J’en profitai pour m’éloigner quelques instants, afin d’honorer les myosotis fraîchement éclos d’une tiède rosée azotée. Ainsi soulagé je me dirigeai vers la table de pointage ou je récitai mon numéro de licence, puis muni d’un ticket et d’un gobelet gagnai le chapiteau des ventrêches et chipolatas afin de me rassasier, un petit rouge en main, abandonné à la suave douceur atmosphérique. Des pédaleurs de partout, descendus de leurs merveilleuses machines aux structures carbonées laquées, souriants et détendus, allaient et venaient en un ballet débonnaire bariolé aux couleurs des clubs d’ici et de là. Les conversations s’engageaient, les saucisses diminuaient, le café fumait, les souvenirs s’échangeaient. Il y avait dans cette pause féconde, émaillée de bises et de poignées de mains, un bonheur circulant, avec ses souhaits et ses promesses de se revoir ailleurs, sur d’autres itinéraires.
Alors qu’il me restait encore un bon tiers de sandwich mes amis esclaves du temps avaient tous ou presque enfourché leurs vélos piaffants et pris le chemin du retour à une allure qui, si elle était en cohérence avec celle de l’aller, leur aura procuré une autre forme de bonheur, celui de franchir le mur su son à la force du jarret.
J’attends toujours l’écho. Ils doivent être très loin, à l’heure qu’il est…

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